Je n’ai pas prévu d’écrire très souvent sur ce blog (c’est plutôt Mary qui s’en chargera, ça n’étonnera pas grand monde…). Mais là, quand même, il faut que je vous raconte mon tout premier contact avec l’Inde.
Nous sommes le mardi 20 novembre, jour de grève, à laquelle j’ai décidé de participer. Je décide de profiter de cette journée « off » pour aller au consulat d’Inde pour faire faire nos visas. Tout est prêt : le formulaire rempli, les photos d’identité à la bonne taille, les 100 € en liquide. Il ne faut pas que je me rate ce coup-ci : la dernière fois que j’y suis allé, je me suis pointé à 9h et il y avait déjà la queue tout autour de l’immeuble… faut dire que ça ouvre uniquement entre 9h30 et 10h30 et qu’ils ne délivrent que 150 visas par jour … Du coup cette fois, je suis décidé à y être dans les premiers. Evidemment, c’est la grève donc c’est un peu plus compliqué pour se déplacer : je prends mes rollers. Zut… il pleut… ça commence bien !
Arrivé (frigorifié) à 7h55, je suis soulagé de voir qu’il n’y a qu’une trentaine de personnes devant moi. Evidemment, maintenant il va falloir attendre que ça ouvre… toujours sous la pluie et dans un froid glacial. Je sautille, je souffle sur mes mains et j’en veux à la terre entière d’être là (est-ce que quelqu’un pourrait me dire pourquoi c’est toujours sur moi que ça tombe ces mauvais plans, et jamais pour Mary ??) jusqu’à ce qu’à 10h40 (!!!), les guichetières se pointent enfin… avec des croissants. Elles s’enferment dans la pièce « réservée au personnel » et en ressortent 10 minutes plus tard pour ouvrir leurs guichets : un d’abord, puis le deuxième 20 minutes plus tard.
Entre-temps, un type à la mine patibulaire tente de « fluidifier » la file d’attente…(c’est le distributeur de tickets du consulat, vous savez, comme à la sécu ou à l’ANPE… sauf que là c’est pas une machine, c’est une personne). C’est plutôt expéditif : plusieurs personnes devant moi se font tout simplement jeter (après, rappelez-vous, environ 2h30 d’attente) car leur vol est dans plusieurs semaines… heu… le mien est le 3 janvier !! Du coup, quand le type s’approche de moi, je lui dis sans sourciller que je pars la semaine prochaine. Et là il me dit : « va falloir revenir, on prend en priorité les urgences ». J’en reviens pas ! OK, donc mon vol est lundi et je non je ne peux pas revenir dans la semaine car j’habite en province… ça te va comme urgence ?? (le tout avec mes rollers sous le bras, évidemment). Il finit par me donner le ticket n°38… LE sésame qui m’autorise enfin à faire la queue à l’intérieur du consulat. En discutant avec les personnes autour de moi (faut passer le temps, quand même !), je m’aperçois que certaines d’entre elles viennent effectivement de province pour récupérer ce fichu visa et que leur vol est parfois dans 2 ou 3 jours…
2h00 heures plus tard, c’est avec soulagement que je m’avachis sur le comptoir devant une dame d’une quarantaine d’année qui me sourit d’un air las… jusqu’à ce qu’elle voie ma date de départ sur le billet d’avion : « 3 janvier ? Mais c’est dans 1 mois et demi !! Qu’est-ce que vous faites là ? Vous n’avez pas vu comment ça se passe ici ? On ne fait que les urgences !!! ». J’ai aussi eu droit à : « en plus, vous habitez Paris, vous auriez quand même pu faire l’effort de revenir un autre jour ! ». Et moi, stoïque, je ne me suis pas démonté (ni énervé, ce qui relève du quasi-miracle dans ce genre de situation), et j’ai tranquillement répondu à toutes ses réflexions. Après avoir levé les yeux au ciel, soufflé ostensiblement et jeté un regard de « killeuse » au type chargé de la file d’attente (genre t’aurais pas pu t’en débarrasser de celui-là ??), elle finit quand même par prendre mon dossier.
Je ressors du consulat, lessivé, à 12h45. Et il pleut toujours. On a rendez-vous mardi 23 pour récupérer les visas… entre 16 et 17h !! Mary, c’est ton tour et c’est pas négociable !