Les tops
- Les gens. Indiscutablement, les birmans ont contribué à 80% à faire de ce voyage une superbe expérience. Ils sont d’une incroyable gentillesse, toujours prêts à rendre service, à entamer une conversation ou a nous faire partager leur repas. Tout simplement hallucinant !
- Le ferry entre Bahmo et Katha : nous avons beaucoup aimé notre périple en bateau de Myitkyina à Katha. Mais le tronçon que l’on a le plus apprécié, c’est celui en ferry entre Bahmo et Katha. Sur le pont avec des dizaines de locaux, nous avons passé des heures à prendre des familles en photo et à tenter de discuter à l’aide de notre guide.
- La balade à Myt-Son en moto. Nous avons loué des motos à Myitkyina et sommes partis pour toute la journée, en direction de Myt-Son, à l’endroit où 2 rivières se rejoignent pour donner naissance à l’Ayeyawardy, le fleuve sacré du Mynamar. C’était top ! Traverser des villages où les gens avaient l’air surpris de nous voir et nous saluaient sans arrêt, nous balader sur une route superbe au milieu de la jungle…
- Le coucher du soleil sur le pont U-Bein, à Amarapura : globalement les 3 villages que nous avons visité autour de Mandalay nous ont beaucoup plu. Mais le coucher de soleil sur le pont U-Bein était carrément magique ! C’est bizarre, on dirait que les couleurs sont plus éclatantes ici que chez nous.
- Le train entre Pyin-U-Lwyn et Hsipaw. En voilà une super expérience ! Certes, à 24 entassés dans un espace prévu pour 8, on ne peut pas vraiment dire que c’était intime… mais quel grand moment !! (cf. article du 23 mars)
- La Paya Shwedagon à Yangon : elle est belle, elle est grande, elle est étincelante sous le soleil brulant… et il faut avouer que c’est l’une des premières que l’on a visité au Myanmar, donc on ne souffrait pas encore du syndrome « oh non, pas une nouvelle pagode !
- La découverte des temples de Bagan en carriole : l’ancienne capitale Bagan compte près de 3500 temples disséminés sur une quarantaine de kilomètres. On en a visité une quinzaine en 2 jours. On aurait pu louer des vélos, mais la chaleur nous a découragés. Du coup, on s’est rabattu sur une carriole tirée par un cheval. C’était plein de charme !
- Le petit-déjeuner du Friendship Hotel à Bahmo : tout simplement enoooorme !!! des céréales, des fruits, des dizaines de gâteaux différents, des œufs, de la charcuterie et une dizaine de plats birmans (nouilles, riz etc.). Renaud était comme un gamin dans une boutique de bonbons ;-)
Les bofs
- La randonnée avec M. Charles à Hsipaw. Le but était de nous balader dans un village shan, et d’en apprendre un peu plus sur leur culture. En fait, M. Charles, le propriétaire de notre guesthouse et « guide » pour cette excursion, s’est révélé plus que moyen, nous donnant très peu d’explications. On a effectivement traversé un village, pour nous retrouver 2h après être partis au M. Charles Restaurant au bord de la rivière…. Mouais… on aurait aussi bien fait de se balader tous seuls !
- Les trajets en bus (Yangon-Mandalay, bagan ygn) : grand débat entre Renaud et moi sur ce point : est-ce qu’on met les trajets en général ou bien uniquement les trajets en bus ? J’ai fait le calcul, on a passé dans ce pays environ 125 heures dans les transports entre les villes… c’est beaucoup. Mais les heures de bus comptent double ! Soit la route était pourrie (Mandalay-Bagan, 8 heures), soit le bus est tombé en panne (Bagan-Yangon, 21 heures), soit la musique nous a mis « la tête au carré » pendant tout le trajet (Yangon-Mandalay, 15 heures)… Bref on garde plutôt un mauvais souvenir de ces trajets. En train, on s’en est mieux sortis, mais on a rencontré une américaine qui a mis 35 heures pour faire Mandalay-Myitkyina, alors que nous nous n’avions mis « que » 24 heures…
- La ville de Pyin U Lwyn : on n’est pas vraiment tombé sous le charme de cette ville qui présente pourtant des traces de l’héritage colonial britannique (belles maisons mais malheureusement beaucoup d’entre elles laissées à l’abandon).
- Le palais royal de Mandalay : des palais, on commence à en avoir vu pas mal mais celui là… bof… vraiment rien d’exceptionnel. Quelques bâtiments sans aucune explication, quelques vitrines poussiéreuses… non, vraiment ça ne vaut pas la peine de payer le billet combiné à Mandalay : pour tous les autres monuments inclus dans le prix du ticket, les chauffeurs de taxi et de trishaw connaissent apparemment des entrées « secondaires » où le ticket n’est pas demandé.
- Les connexions internet et liaisons téléphoniques : vous l’avez constaté, on a moins posté d’articles au Myanmar que dans les autres pays. Pour vous donner une idée, à Bagan, on est allé dans un petit « cyber-café » qui annonçait « internet high speed ». Vous auriez du voir la tête de Renaud quand on a entendu le bruit caractéristique du modem se mettre en marche ! Pour le téléphone, c’est un peu la même chose. Quand on essayait de joindre Air Asia pour changer les dates de notre vol de retour sur Bangkok, on a expérimenté le mauvais état du réseau téléphonique : impossibilité de joindre notre correspondant, ligne qui se coupe à peine quelques mots échangés… Il faut vraiment faire preuve de patience et de persévérance !
- Le change au marché noir : au Myanmar, on ne change surtout pas de l’argent dans les banques. Tout se fait au marché noir, à des taux qui changent suivant la ville, le cours du dollar, la tête du client etc. En fait, on s’est aperçu bien vite que le taux de change peut aussi se négocier ! Autre chose d’énervant avec l’argent : les birmans refusent catégoriquement tout billet (de dollar) corné ou abimé. Un coup de tampon, une marque de stylo ou une pliure trop marquée sur un billet ? Le birman en face de nous se met à gigoter, montre le billet à son voisin et finalement nous sort le mot fatidique : « change ». Pas la peine de tergiverser, ils ne le prendront pas de toute façon !
Les p’tits trucs qu’on a remarqués
- Sur la route, c’est un vrai spectacle : que ce soit sur des vélos ou des motos, les filles qui sont à l’arrière montent en amazone ! Et puis… 2 personnes, c’est un minimum ! Souvent, ils montent à 3 voire à 4.
- La Chine est très présente ici : les marchandises dans les épiceries, des restos, des hôtels, la mode féminine (vous savez, ces vêtements rose bonbon, ces « hello kitti » et autres dessins « gnan gnan »).
- Il y a quelquechose de bizarre ici : on pourrait croire, dans un pays ploutôt pauvre, que les marchandises s’achetent en grandes quantités. Et bien non ! Ici la plupart des choses se vendent à l’unité, dans un packaging individuel : le shampoing, le café, la lessive, les biscuits…
- La première fois que j’ai entendu un type dans un resto faire un bruit de « bisou » avec sa bouche, j’ai cru un moment que c’était pour moi et je me suis dit « ben dit donc, il est gonflé celui-là ! ». Et puis j’ai compris : ici, pour attirer l’attention du serveur, il faut faire le même bruit que chez nous quand on veut appeler un chien. On a pas réussi à s’y faire… à chaque fois qu’on a essayé on était mort de rire !!
- Les chansons américaines ne sont pas autorisées (officiellement) ici. Pourtant, au début du séjour, on entend dans un resto les premières notes d’une chanson de Madonna. Je me mets à chantonner le couplet mais il y a quelque chose de bizarre… Les paroles sont en birman !! Très vite, on s’apercevra que c’est la norme ici : de nombreuses chansons américaines sont remixées en birman : les Beattles, U2 etc.
- Les birmans ont un geste de respect très particulier : dès qu’ils donnent ou qu’ils reçoivent quelque chose, ils tendent le bras droit et se tiennent le coude avec la main gauche.
- Les hommes portent des jupes… en fait, on appelle ça un longyi. Ca à l’air d’être confortable pour eux : c’est assez aéré pour les aider à lutter contre la chaleur, et ils sont libres de leurs mouvements. Renaud l’a adopté pendant quelques jours, sous les regardes amusés des birmans.
- Les jeunes femmes et les enfants portent le tanakha : une sorte de maquillage jaune qu’ils étalent sur leurs joues, ou parfois sur tout leur visage. Pour faire le tanakha, elles frottent un morceau de bois sur un disque en pierre, jusqu’à constituer une poudre qu’elles humidifient avec de l’eau. Quelques minutes plus tard, la crème est prête !
- Birmanie ou Myanmar ? Le débat est ouvert quant à savoir s’il faut dire Myanmar ou Birmanie. Birmanie, c’est le nom qui a été donné par les anglais lors de la colonisation. Les anglais ont fait simple : les birmans sont l’ethnie qui représente 80% de la population. Il y a quelques années, le gouvernement militaire au pouvoir a décidé de débaptiser le pays pour lui redonner le nom de Myanmar, qui est le nom « historique » du pays. En parlant avec les gens, on s’est rendu compte qu’eux-mêmes utilisent le mot Myanmar, car le nom Birmanie évoque le souvenir de la colonisation et n’est pas représentatif pour les ethnies shan, kachin et autres.
Et la junte militaire alors ?
Ah… quelle question difficile !
Alors pour être francs, nous n’avons pas vraiment senti le poids de la dictature, du moins pas directement. Evidemment, il y a les routes interdites aux étrangers, et les régions contrôlées par l’armée, qui nous rappellent qu’on n’est pas dans un pays « normal ». On a subi quelques contrôles policiers, mais rien de bien méchant. En revanche, pas question de plaisanter avec l’immigration. Tous les jours, on devait remplir un registre que notre guesthouse devait transmettre à l’administration. On a demandé ce qui se passait si on manquait une nuit, par exemple pour passer une nuit chez l’habitant. « La police commence à vous chercher », nous ont-ils répondu. Ah… ok. De toute façon, les birmans ne sont pas autorisés à accueillir des étrangers chez eux. Les hôtels aussi, doivent avoir une licence pour pouvoir accueillir des étrangers.
Dans les villes, à chaque carrefour, il y a des guérites avec des militaires surveillant le trafic. Sur les routes principales, des check-point sont mis en place pour vérifier les identités des passagers.Mais nous, en tant que touristes, on n'est pas inquietes.
En revanche, impossible de parler politique : on n’a pas osé entamer une conversation, sachant que c’est dangereux pour les birmans. Mais c’est aussi risqué pour nous : à notre arrivée à Mandalay, il y avait plein d’officiers de l’immigration à notre guesthouse. On a appris plus tard qu’un français s’était fait expulser du pays manu militari pour avoir parlé un peu trop politique.
2 autres faits marquants prouvant la nature du régime :
- la propagande politique : tous les jours, dans les journaux, toujours les mêmes articles qui répètent inlassablement le programme du gouvernement et ce que souhaite le peuple birman (cf articles ci-dessous).
- le manque de moyens de communication : internet, on en a deja parle : pas mal de sites sont censures, et les connexions sont vraiment tres mauvaises. mais il y a aussi le cas du telephone : outre le fait que les liaisons locales sont mauvaises, les birmans ne peuvent quasimment pas acceder a l'international : 1 mn d'appel a l'etranger coute entre 4 a 6 $... ca pourrait s'appeler une censure par l'argent, non ?
Nos impressions tout à fait personnelles sur
Ø Les gens : on l’a déjà dit, les birmans nous ont fait un accueil des plus chaleureux, plus particulièrement dans le nord où il y a très peu de touristes occidentaux. Ils ont soif d’informations, envie de venir vers nous pour discuter. On a d’ailleurs été surpris de trouver, un peu partout, des gens parlant un anglais tout à fait correct.
Ø Les paysages sont beaux sans être extraordinaires. On ne savait pas trop à quoi s’azttendre au Myanmar. Le pays est plutôt vallonné dans le nord et l’est du pays, mais très aride dans la plaine centrale (Mandalay – Bagan). Le trajet en bateau entre Bhamo et Katha est vraiment joli, avec de belles falaises à mesure que l’on descend le fleuve.
Ø La nourriture : des nouilles, du riz, des nouilles, du riz… il faut bien l’avouer, la nourriture birmane n’est pas la plus riche qui soit. Mais c’était plutôt bon quand même. Il est à noter qu’ici, les gens tirent parti à 100% des animaux qu’ils mangent : les entrailles, les pates, le groin, les oreilles… tout y passe ! Et ça donne lieu à de charmants stands dans la rue…
Nos guesthouse
Rappel : les prix sont indiqués en US dollars.Pour la note, nous avons décomposé en 4 critères qui nous paraissent importants : 3 points pour la propreté (P), 3 points pour le confort (C), 3 points pour l’accueil (A) et 1 point de bonus (B).Les petits-déjeuner sont inclus sauf pour la YMCA, la « guesthouse » de Simbo, l’ Ayeyaarwaddy Guesthouse et le Grace Hotel 2
| Ville | Nom | Nb nuit | px/nuit | P | C | A | B | Note | Commentaire |
| Yangon | Motherland Inn 2 | 3 | 13 | 3 | 2 | 2 | | 7 | Très bon petit déj’ avec possibilités de prendre des spécialités locales |
| Mandalay | Royal Guest House | 4 | 12 | 3 | 2 | 3 | | 8 | Accueil tres sympa |
| Myitkyina | Three Star Hotel | 1 | 20 | 3 | 2 | 1 | | 6 | Trop cher |
| Myitkyina | YMCA | 2 | 14 | 2 | 1 | 2 | | 5 | Très bonne source d’informations |
| Simbo | | 1 | 5.45 | 0 | 0 | 0 | | 0 | Seule adresse acceptant les touristes, on a pas eu le choix |
| Bahmo | Friendship Hotel | 2 | 12 | 3 | 2 | 1 | 1 | 7 | Petit-déj buffet exceptionnel |
| Katta | Ayeyarwady Guest House | 2 | 9.1 | 1 | 1 | 1 | | 3 | Sale avec une odeur de renfermée masquée par une bonne dose de bombe odorante |
| Pyin U Lwin | Grace Hotel 2 | 2 | 8 | 2 | 1 | 2 | | 5 | Odeur de fumée et de renfermée |
| Hsipaw | Mr Charles Guest House | 2 | 10 | 2 | 2 | 2 | | 6 | |
| Bagan | Golden Village Inn | 3 | 12 | 3 | 2 | 2 | | 7 | Chambre spacieuse avec baignoire |
Côté budget
Nous avions prévu 40€ à deux par jour. Nous avons dépensé moins de 27 € par jour (un peu plus de la moitié. en dollars, le reste en Kyats). On avait changé trop de Kyats dès le départ, et on a du trouver des touristes à qui les échanger contre des dollars juste avant de partir car comme tout se fait au marché noir, la monnaie birmane est inutilisable en dehors du pays.
On ne s’est pas vraiment privé… c’est juste qu’on aime diner dans des petites échoppes dans la rue (à 0,30€ le bol de nouilles ou 1€ le curry de poulet avec riz, légumes et soupe). Le plus grand « poste » de dépenses (1/3 de nos dépenses), ce sont les transports. Car à l’inverse de certains pays où on paie le même prix que les locaux, ici on paie clairement un prix « touristes », de 4 à 8 fois plus élevé que le prix birman.
Et pour finir, si c’était à refaire…
Aïe… voilà qui n’est pas facile ! Première chose : si c’était à refaire, on ne se serait pas restreint aux 28 jours légaux du visa et on serait resté quelques jours de plus (il suffit de ne rien faire, et de payer une amende de 3$/jour supplémentaire). Et avec ces quelques jours de rab, on serait allé au lac Inle pendant quelques jours. Il parait qu’on peut y faire de jolies randonnées.
On a voulu aller à Hsipaw car c’était la fête de la pleine lune et qu’une cérémonie religieuse s’y déroulait. S’il n’y avait pas eu ça, on se serait peut-être arrêté en cours de route. Lorsque notre train entre Pyin-U-Lwyn et Hsipaw s’est arrêté à Kyiauke et un guide local nous a proposé ses services pour partir à la découverte de la région shan. Ca avait l’air vraiment sympa !
Autre chose qu’on ferait peut-être différemment, c’est de ne pas garder la visite de Bagan pour la fin. 1 mois au Myanmar, c’est assez éprouvant car ce n’est pas un pays très facile pour voyager (sans compter les longues heures de transport). Du coup, 2 jours à visiter des temples quand on est un peu crevé… c’est un peu rude. Mais on ne regrette rien, c’est pour l’instant le pays qu’on a préféré !
Quelques mots utiles
Le Myanmar est, pour l’instant, le pays dans lequel nous avons fait le plus d’efforts pour parler quelques mots de la langue locale. Voici les principales expressions qui nous ont été bien utiles (c’est une retranscription phonétique absolument non-académique !!)
Mingalaba : bonjour
Djezubé : merci
Nicawla – Nicawbadé : comment allez-vous ? je vais bien
Yé bou hé shila ? Avez-vous une bouteille d’eau fraiche ? (yé=eau, bu=bouteille, hé = froide, shila = avez-vous)
Yé pu : de l’eau chaude (lorsqu’on voulait se faire notre propre café)
Belaoulé ? combien ça coute ?
Chimé : l’addition
Nia : poisson (très utile dans les échoppes pour déterminer ce qu’il y a dans les marmites – idem pour les mots qui suivent)
Wetta : porc
Tchetta : poulet
Améda : bœuf
Tatalo : végétarien
Caoundé : c’est bon
Laddé : jolie (pour une fille)
Teya : cent
Neya : deux-cent
Thonia : trois-cent
Naya : cinq-cent
Wapipi : je l’ai déjà (très utile pour faire déguerpir les gamins qui vous suive en tentant de vous vendre des souvenirs à Bagan)
Tata : salut (bye-bye)
Extraits de journaux :